Réfugiés : qui gagne perd

mardi, novembre 15th, 2016

Photo Corinne:Net

J’écris ce que je suis

Qui je suis ?

Un long vers solitaire

Vers qui je fuis ?

Je fuis ce que je crie

Pas d’en vers

Ni d’endroit

« Rien où poser sa tête » a écrit Françoise Frenkel

Le ruban de Möbius

se déroule comme la Seine

Décollons la scène peinte

 

Tu seras toujours « Surpris par la nuit »

Etre qui fuis

Migrant

« Tu ne souffriras pas »

a répété en boucle Robert Desnos,

mort à Theresienstadt

Nous sommes tous coupables de crime d’humanité

De Theresienstadt à Lampedusa

 

Est-ce que cela

Ne s’est pas déjà produit avant ?

Les rafles dans Paris recommencent.

Du passé, faisons table pleine.

 

On n’a pas trouvé la page

Et pourtant on est passé ailleurs

A l’ère où l’homme transforme davantage le monde

Que la nature

Il est maintenant plus fort qu’elle

C’est cela qui le tue

Notre ère se nommera bientôt

Anthropocène

C’est l’envers de la Seine

 

Aux réfugiés qui s’automutilent

Les deux mains

Dont les empreintes enregistrées de force

Peuvent les envoyer à la mort

Peut-on dire bonjour et à demain ?

 

Bien à vous,

Corinne Lellouche

PS : source wikipedia

En raison du système Eurodac de reconnaissance automatisée des empreintes dites décadactylaires car sont enregistrées (souvent de force) les dix doigts plus la paume. répertoriant, au 31 décembre 2007, 1 005 323 demandeurs d’asile et immigrants clandestins âgés de 14 ans au moins. Objectif : identifier le pays par où ils sont entrés afin de pouvoir les y refouler, en vertu de la Convention de Dublin. Mis en application en 2007, le règlement Dublin II a comme objectif de limiter les demandes d’asile multiples dans l’Europe de Schengen.

Ainsi, les autorités françaises ou britanniques expulsent régulièrement vers l’Italie ou la Grèce des réfugiés qui y avaient préalablement été fichés, pour que leurs demandes d’asile soient étudiées dans ces pays, ou qu’ils soient « refoulés » dans leur pays d’origine, c’est à dire envoyés à la mort.

Depuis deux ans, un nombre croissant de migrants font ainsi le choix de se mutiler les doigts afin d’en effacer les empreintes, espérant ainsi échapper au fichage d’Eurodac et au système de « réadmission » de Dublin II.

 

 

 

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